"Le 5 juin 2009, un commando de police, qui agit sur ordre du gouvernement, a attaqué des indigènes qui bloquaient une route dans la localité de Bagua (en région amazonienne), département de Amazonas, au Pérou. Le Bilan "officiel" est d'une cinquantaine de morts (dont 22 policiers).
Mais ces chiffres changent d'une source à l'autre. Ce qui est sûr c'est qu'il y a eut un déchaînement incontrôlable qui met tout le pays en émoi.L'évènement est la pointe de l'iceberg.
Le Pérou a signé un Traité de Libre échange avec les Etats Unis. Les décrets de mise en oeuvre de ce traité accordent un accès facile aux entreprises multinationales dans les régions riches en pétrole, en gaz et minéraux. Ces régions ne sont pas désertiques ! Elles sont habitées et sont en partie en forêt amazonienne.
Du côté des organisations paysannes et indigènes :
Cela fait plusieurs mois que des dizaines de milliers d'indigènes habitant les différentes provinces de l'Amazonie péruvienne menent une campagne de protestation dénonçant la manière avec laquelle l'état et les entreprises proposent d'investir dans l'exploitation des ressources naturelles. Les organisations bloquent les routes pour protester mais mènent aussi un combat juridique. La semaine passée un des décrets a été jugé inconstitutionnel par la Cour suprême.
Du côté du gouverment péruvien :
Depuis un mois l'état d'alerte a été déclaré dans les zones concernées. Ce qui veut dire « retirer temporairement les garanties constitutionnelles sur la liberté et la sécurité des personnes et l'immunité de la résidence ».
Le président Alan García fait vraiment peu de cas des protestations.
L'escalade
Les négociations entre les représentants de l'Etat et ceux des communautés indigènes furent rompues le 15 mai. L'ajournement de la séance parlementaire qui devait considérer (jeudi passé) la possibilité d'abroger le décret déclaré inconstitutionnel a mis le feu aux poudres.
Les débordements viennent des deux côtés.
Si l'Etat ne se resaisit pas et ne réagit pas correctement et en respectant les droits fondamentaux des péruviens il risque d'attiser la violence.
La commission interaméricainde des droits de l'homme (de l'Organisation des Etats américains) a condamné ces faits de violence. "
'Mobilisez-vous pour protéger les droits des peuples autochtones !
Signez la pétition :
'Pétition au président du Pérou, Alan Garcia:
Nous vous exhortons à cesser immédiatement la répression brutale des manifestations autochtones, à suspendre les lois qui ouvrent l'Amazonie aux industries extractives, et à engager un véritable dialogue avec les groupes autochtones afin de mettre fin au conflit et de répondre à leurs exigences et à leurs droits légitimes'
ACDA
